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Un accord de principe pourrait-il conforter les requêtes sécuritaires d’Israël? par Reut Institute

La position d’Israël relative à ses exigences sécuritaires, en sapant la souveraineté d’un état palestinien, réduit les chances d’aboutir à un accord.

Problématique centrale

Durant les négociations avec les Palestiniens en 1999-2001, Israël a présenté des exigences sécuritaires comprenant, entre autres choses, la démilitarisation de l’état palestinien, le contrôle et l’utilisation de son espace aérien, la surveillance de ses abords et des avant-postes de veille.

Ces requêtes étaient fondées sur un certain nombre de suppositions de la part d’Israël, et notamment cette idée selon laquelle le but du mouvement national palestinien était d’établir un état palestinien indépendant. Dès lors, pour parvenir à ces fins, les Palestiniens seraient prêts à abandonner certains attributs de souveraineté.

Ces dernières années cependant, la pertinence de ces suppositions israéliennes s’est érodée. Les Palestiniens de l’ensemble du spectre politique s’éloignent de plus en plus de la logique consistant à établir un état palestinien. Parmi ceux qui s’opposent à la création d’un état mitoyen d’Israël, il y en a qui le font pour des raisons stratégiques et idéologiques. D’autres, pour des raisons tactiques, pensent qu’en prenant conscience de la nécessité dans laquelle se trouve Israël d’en finir avec son contrôle sur les Palestiniens, elle sera obligée d’accepter des compromis quant à ses exigences. Dans tous les cas, la volonté palestinienne par rapport à son autorité souveraine diminue.

Dans un tel contexte, le défi pour l’état d’Israël et ses équipes de négociateurs consiste à trouver un équilibre entre la nécessité dans laquelle elle se trouve de mettre fin à son contrôle sur la population palestinienne de Cisjordanie et la prééminence des considérations sécuritaires. Ainsi le dilemme fondamental pour Israël est de se décider entre les deux options suivantes :

* La logique militaire impliquant de limiter la souveraineté palestinienne et de maintenir une présence israélienne significative en Cisjordanie. Cette logique comporte le risque qu’aucun accord n’aboutisse, exposant ainsi Israël à une stratégie visant à provoquer son effondrement interne à cause de ce contrôle sur la population palestinienne.

* La logique politique nécessitant la fin du contrôle des populations palestiniennes par Israël à tout prix y compris celui d’une réduction significative de sa présence en territoire palestinien et d’une réorientation des missiles Kassam vers le centre du pays. Cette logique implique qu’Israël identifie et se concentre sur le minimum d’exigences sécuritaires préalables à un accord.

Politiques envisageables

Etablir une doctrine de sécurité nationale à l’intérieur des frontières d’Israël – Israël devrait se préparer à l’éventualité d’être obligée de se retirer de Cisjordanie même si toutes ses exigences en matière de sécurité n’ont pas été satisfaites (ni même si aucune d’entre elles ne l’a été). Dans cette optique, Israël devrait formuler une doctrine de sécurité nationale envers les Palestiniens fondée sur la dissuasion et sur la mise en place de forces militaires à l’intérieur de territoire israélien plutôt que sur le périmètre extérieur de la Palestine.

Distinguer le blé de l’ivraie – Toutes les exigences sécuritaires d’Israël n’ont pas la même importance. Par exemple, les exigences concernant le contrôle de l’espace aérien palestinien semblent plus essentielles que celles concernant l’aménagement de zones de préparation militaires. Par conséquent, Israël devrait établir des priorités entre ses exigences et se concentrer sur les plus importantes.

Recadrer les négociations : exigences israéliennes en matière de sécurité contre exigences palestiniennes en matière d’intrusion dans l’espace souverain d’Israël – Israël peut mettre en balance les demandes palestiniennes d’intrusion dans son espace souverain (droit de passage, usines de désalinisation, usage des ports et aéroports, etc…) et les points sécuritaires qui lui importent.

Par exemple, faire le lien entre la création d’un point de passage sûr en territoire israélien entre Gaza et la Cisjordanie et l’utilisation par Israël de l’espace aérien palestinien, contribuerait certainement à donner gain de cause à Israël sur ce point.

Echange de territoires avec l’Egypte comme condition à tout arrangement en matière de démilitarisation – La réalité à Rafah de ces deux villes de facto connectées l’une à l’autre par-dessous la frontière Gaza-Egypte empêche toute mise en oeuvre des arrangements en matière de démilitarisation à Gaza. Par conséquent, si Israël décide de maintenir ses positions actuelles en matière de démilitarisation, elle devrait envisager un échange de territoire dans la région de Gaza afin que la frontière entre Gaza et le Sinaï passe à l’ouest de Rafah. En échange, Israël pourrait céder à l’Egypte un territoire du Negev pouvant faire office d’accompte pour un prochain échange de territoire en Cisjordanie.

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