Le développement d’énergies renouvelables – qu’il s’agisse d’énergie solaire, éolienne, hydroélectrique, géothermique ou biomasse – repose dans une large mesure sur les politiques publiques et le cadre fiscal mis en place. Les entreprises qui se lancent dans la production de ces énergies doivent prendre en compte plusieurs éléments :
Si vous envisagez de produire de l’électricité renouvelable ou si vous prévoyez d’investir dans une société étrangère spécialisée dans les énergies propres, mieux vaut maîtriser ces questions fiscales pour éviter les mauvaises surprises. Mon objectif est justement de vous éclairer sur ces aspects, en m’appuyant sur mes connaissances dans le domaine du commerce international et en m’appuyant sur quelques exemples concrets de pays qui proposent des régimes fiscaux intéressants.
Les systèmes fiscaux varient d’un pays à l’autre. Toutefois, on retrouve souvent plusieurs points communs :
Premièrement, les taxes sur les bénéfices. Les producteurs d’énergies renouvelables, comme toute autre entreprise, doivent s’acquitter de l’impôt sur les sociétés lorsque leur activité génère un profit. Ce taux varie considérablement : en France, le taux normal de l’impôt sur les sociétés est progressivement passé à 25 % en 2022 pour la plupart des entreprises, tandis qu’aux États-Unis, il tourne autour de 21 % au niveau fédéral (sans compter les taxes étatiques). Dans certains pays, les producteurs d’électricité renouvelable bénéficient d’un taux réduit, mais ce n’est pas toujours le cas.
Deuxièmement, on retrouve la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) ou des équivalents comme la GST (Goods and Services Tax) dans d’autres pays. Pour la vente d’électricité ou la mise à disposition d’équipements liés aux énergies renouvelables, il faut respecter les règles de facturation et de déclaration. Par exemple, en France, la TVA standard de 20 % s’applique à la plupart des services ou équipements liés aux énergies renouvelables, sauf exceptions liées à certaines subventions ou exonérations partielles.
Troisièmement, certains États mettent en place des subventions ou crédits d’impôt pour stimuler l’investissement vert. Les mécanismes varient énormément d’une juridiction à l’autre. On peut citer le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) qui a existé en France sous forme de crédit ou de prime, ou encore certains dispositifs fédéraux et étatiques aux États-Unis (Investment Tax Credit – ITC) permettant de déduire une partie des coûts d’installation de panneaux solaires.
Enfin, il ne faut pas oublier les régimes spécifiques de rétrocession tarifaire (feed-in tariffs). Dans ce cadre, les producteurs d’énergies renouvelables peuvent vendre l’électricité qu’ils produisent à un prix garanti, généralement supérieur au prix du marché, afin de sécuriser leur rentabilité. Les revenus générés par ce mécanisme sont intégrés au calcul du résultat imposable, à moins de régimes dérogatoires très particuliers.
Dans le secteur des énergies renouvelables, la TVA représente un coût significatif, mais elle peut aussi être un levier d’optimisation fiscale. Par exemple, les entreprises qui investissent dans la production d’énergies vertes ont généralement la possibilité de récupérer la TVA sur leurs achats de biens et de services, sous réserve de respecter les règles habituelles de déduction. Cette récupération n’est toutefois pas automatique : il faut être immatriculé à la TVA, effectuer des déclarations correctes et veiller à respecter les délais.
Au sein de l’Union européenne, on retrouve un principe d’harmonisation de la TVA, même si chaque État membre conserve des taux et des spécificités. Pour un producteur français qui vend de l’énergie à un fournisseur d’électricité dans un autre pays de l’UE, il faudra veiller au lieu d’imposition, au taux applicable et aux déclarations Intrastat ou ECSL (European Community Sales List) pour les livraisons intracommunautaires. Bien sûr, si vous exportez en dehors de l’UE, d’autres règles s’appliquent, souvent assorties d’exonérations conditionnelles.
En dehors de l’Europe, certains pays possèdent des taxes de vente ou consumption taxes qui fonctionnent différemment. Au Canada, on retrouve la TPS (taxe sur les produits et services) et la TVP (taxe de vente provinciale) selon les provinces. Aux États-Unis, c’est souvent une sales tax, perçue au niveau local ou de l’État fédéré, qui peut s’appliquer sur l’achat d’équipements. Toute entreprise de production d’énergies renouvelables désireuse d’implanter des panneaux solaires ou des éoliennes à l’étranger devrait vérifier ces spécificités locales pour éviter des divergences de coût et de rentabilité.
C’est l’impôt sur les sociétés (IS) qui joue le rôle principal dans les flux financiers d’une entreprise de production d’énergies. Les bénéfices issus de la vente d’électricité d’origine renouvelable ou des certificats verts (quand ils existent) sont imposés selon le régime de droit commun, sauf si un régime dérogatoire plus favorable s’applique. En France, des discussions ont régulièrement lieu pour savoir s’il convient de réduire le taux d’IS pour les projets verts, mais pour l’instant, les entreprises paient un taux standard de 25 %. Dans certains pays (Hongrie, Irlande, etc.), les taux d’IS sont plus faibles, parfois autour de 9 % ou 12,5 %, ce qui peut encourager à localiser une partie de l’activité de production dans ces juridictions.
Attention toutefois à la notion de nexus, c’est-à-dire le lien entre l’activité et le territoire. Pour qu’un pays puisse imposer les bénéfices, il faut généralement qu’il existe un établissement stable ou une base fixe. Installer des panneaux solaires dans un État n’implique pas automatiquement que la société sera imposée dans cet État, si elle n’y dispose par ailleurs d’aucune structure ou personnel. Cette question est encore plus délicate lorsque l’on parle d’ingénierie internationale, avec des sociétés holdings, des filiales d’exploitation et des contrats de location d’équipement. Sur « Kbis Global », je conseille toujours de bien vérifier la structure juridique et fiscale que vous mettez en place – et de vous entourer de conseils professionnels – pour éviter tout redressement ultérieur.
Certains pays offrant des régimes ciblés sur la production d’énergies renouvelables prévoient même la possibilité d’une exonération temporaire d’impôt sur les sociétés, parfois sur cinq ou dix ans, afin d’encourager massivement l’investissement. Par exemple, dans certains pays d’Afrique ou d’Asie, des zones économiques spéciales orientées vers les énergies décarbonées offrent ces avantages. Toutefois, il s’agit souvent de politiques fiscales temporaires ou conditionnées à l’atteinte d’objectifs (création d’emplois, volume d’investissement, etc.).
Les incitations fiscales représentent un levier puissant pour la transition énergétique. L’objectif d’un gouvernement souhaitant promouvoir les énergies renouvelables est de rendre ces projets suffisamment rentables à court et moyen terme pour que les investisseurs s’y engagent massivement. Voici quelques mécanismes qu’il est fréquent de rencontrer :
Crédits d’impôt : ces crédits permettent de réduire l’impôt à payer, parfois à concurrence d’un pourcentage du coût d’investissement dans le matériel renouvelable. C’est, par exemple, le principe de l’Investment Tax Credit (ITC) aux États-Unis ou de l’ancien crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) en France. Si vous dépensez 100 000 € pour installer des panneaux solaires, vous pourriez, sous certaines conditions, bénéficier d’une réduction d’impôt de 30 000 € dans le cadre de ce dispositif hypothétique.
Amortissements accélérés : au lieu d’amortir votre investissement sur une période standard de quinze ou vingt ans, vous pouvez appliquer un rythme d’amortissement plus rapide et ainsi réduire votre résultat imposable sur les premières années. Cela se traduit par un impôt plus faible au début de la vie de l’installation, qui est souvent le moment crucial pour la rentabilité d’un projet. De nombreux pays de l’OCDE accordent des régimes d’amortissement spécifique pour le solaire, l’éolien ou la biomasse.
Tarifs de rachat garantis (feed-in tariffs) : c’est un mécanisme clé dans de nombreux pays d’Europe, en particulier pour l’éolien et le solaire. Le gouvernement ou un organisme mandaté s’engage à racheter l’électricité verte à un tarif prédéfini, généralement plus élevé que le prix de marché, pendant une durée déterminée (par exemple 15 ans). Les revenus générés par ce rachat peuvent être imposés au taux normal de l’impôt sur les sociétés. Toutefois, l’existence de tels tarifs de rachat a une importance décisive pour convaincre une banque ou un investisseur d’avancer les capitaux nécessaires.
Primes et subventions directes : dans certains cas, l’État verse une aide financière pour l’acquisition de panneaux, de turbines ou d’autres moyens de production. Parfois, ces subventions sont soumises à l’impôt, parfois elles en sont partiellement exonérées. Il convient donc de lire en détail les dispositions légales afférentes.
Retenez aussi que ces dispositifs fiscaux subissent des modifications régulières. Selon les priorités politiques, le soutien à certaines filières peut être plus ou moins généreux. Il est donc indispensable de se tenir informé, ou de faire appel à des experts sur le sujet.
En Europe, plusieurs pays se positionnent comme des hubs pour les énergies vertes, grâce à des régimes fiscaux attractifs. Voici quelques exemples concrets :
Le cas de l’Allemagne : ce pays est l’un des leaders mondiaux de la production d’énergies renouvelables, notamment grâce au développement massif de l’éolien et du solaire. L’Allemagne applique un impôt sur les sociétés autour de 15 % au niveau fédéral, auquel se rajoute la Gewerbesteuer (taxe professionnelle) variante selon les municipalités, ce qui porte souvent le taux global autour de 30 %. Les producteurs d’énergies vertes peuvent bénéficier de tarifs de rachat avantageux (EEG) et d’un soutien local. Toutefois, la complexité administrative allemande peut nécessiter un accompagnement professionnel sur place.
Le cas du Portugal : ce pays profite d’un ensoleillement conséquent et attire depuis quelques années de plus en plus d’investisseurs dans le solaire. Le gouvernement portugais a mis en place des régimes de licences facilitant l’accès au réseau. D’un point de vue fiscal, le taux d’impôt sur les sociétés est de 21 % (augmenté par des surtaxes régionales selon le chiffre d’affaires). Les projets solaires de grande envergure peuvent obtenir des exonérations de taxes foncières ou des aides au démarrage sous certaines conditions.
Le cas de la France : historiquement, la France a beaucoup misé sur l’hydraulique et le nucléaire, mais elle encourage désormais aussi l’éolien et le photovoltaïque. Outre un taux d’IS à 25 % et une TVA de 20 %, la France dispose d’un mécanisme de rachat subventionné pour le solaire résidentiel. Pour les entreprises, des appels d’offres sont organisés régulièrement. Il existe également des régimes de faveur pour certaines installations inférieures à 500 kW (le taux d’IS peut être modulé s’il s’agit de coopératives ou d’exploitations agricoles diversifiées dans le photovoltaïque, selon la classification fiscale). Des aides régionales viennent parfois compléter le panorama.
Chaque pays possède ses exemptions, abattements et crédits d’impôt propres. Pour réaliser un investissement dans la production d’énergies renouvelables à l’international, il est donc indispensable d’effectuer une étude approfondie, car le choix d’un site ne doit pas se faire seulement en tenant compte du soleil ou du vent : la fiscalité locale est tout aussi importante pour la viabilité économique du projet.
Pour illustrer la diversité des situations, prenons quelques chiffres :
Au sein de l’Union européenne, la part des énergies renouvelables dans la consommation brute d’énergie a atteint env. 22 % en 2021, selon Eurostat. D’ici 2030, l’UE vise 32 % voire davantage suite aux actualisations récentes. Afin d’atteindre ces objectifs ambitieux, des milliards d’euros de subventions et de crédits d’impôt sont mis sur la table. Si l’on veut participer à cette dynamique, mieux vaut s’y préparer.
En France, le coût de production de l’éolien terrestre est estimé aux alentours de 60 € par MWh, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE), alors que pour le solaire photovoltaïque, on se situe aux environs de 40–60 € par MWh sur les grandes installations. Les tarifs d’achat garantis, lorsqu’ils existent, oscillent entre 60 et 80 € par MWh pour certains projets, ce qui rend ces projets rentables si l’on bénéficie d’exonérations de taxes locales et d’amortissements accélérés.
De leur côté, les États-Unis encouragent grandement le solaire par le mécanisme ITC, qui permet – suivant l’année et les versions successives de la loi – de déduire jusqu’à 30 % du coût d’installation du montant de l’impôt fédéral sur les sociétés. Les coûts d’exploitation peuvent ensuite être amortis rapidement. Dans un pays où l’électricité est parfois bon marché, ces avantages fiscaux ont été la clé pour attirer des investisseurs internationaux, qui doivent néanmoins prendre en compte la sales tax locale, variant d’un État à l’autre.
Outre les mécanismes d’incitation mentionnés, il existe parfois des taxes carbone (ou leur équivalent) dans certains pays, qui pénalisent la production d’électricité à partir de combustibles fossiles. Les producteurs d’énergies renouvelables échappent généralement à ces taxes, ce qui représente un avantage concurrentiel. En France, la contribution climat-énergie, également appelée « taxe carbone », renchérit progressivement le coût des énergies fossiles et vient stimuler indirectement le renouvelable.
D’autres régimes spéciaux sont parfois mis en place par les collectivités locales, comme des zones franches ou des allègements de taxes foncières pour l’installation d’équipements de production. Cela peut représenter une économie substantielle si, par exemple, vous installez une grande ferme solaire sollicitant des hectares de terrain. Dans certains pays, le foncier agricole bénéficie déjà d’un traitement favorable, et l’installation photovoltaïque continue de profiter de cette fiscalité réduite.
Si vous êtes un producteur indépendant (IPP, Independent Power Producer), vous signerez généralement un contrat d’achat à long terme (PPA, Power Purchase Agreement) avec un distributeur d’énergie ou un client final. Du point de vue fiscal, cette sécurité sur les revenus peut justifier un traitement de faveur, par exemple un taux d’IS réduit. Mais tout dépend de l’économie politique de l’État concerné. Sur « Kbis Global », j’ai déjà abordé le cas de producteurs indépendants qui ont pu négocier avec les autorités locales des rabais fiscaux en échange d’emplois créés dans la région.
Si vous lisez régulièrement mes articles, vous savez combien je souligne la nécessité de vérifier l’authenticité de toute entité étrangère avec laquelle vous concluez un partenariat. Dans le champ des énergies renouvelables, on voit souvent des opérations avec des investisseurs de différents continents, des joint-ventures multiculturelles et des transferts de capitaux importants. D’où l’intérêt d’être prudent à chaque étape. Voici quelques conseils pratiques :
Dans toutes les démarches administratives et fiscales, je vous recommande fortement de solliciter des cabinets ou des avocats spécialisés dans la fiscalité internationale. Les règles sont complexes, et l’investissement initial dans un conseil de qualité peut vous éviter des sanctions ultérieures. Par ailleurs, si vous recherchez des financements bancaires ou via des fonds d’investissement, ceux-ci exigeront généralement une due diligence poussée sur la fiscalité applicable aux projets d’énergies renouvelables.
Outre le paiement de l’impôt lui-même, les entreprises œuvrant dans les énergies renouvelables sont souvent soumises à des obligations déclaratives spécifiques. En France, par exemple, lorsqu’une entité bénéficie d’un tarif d’achat subventionné, elle doit fournir des rapports sur la production, sur l’état de ses installations et éventuellement sur ses émissions de gaz à effet de serre. Cela permet aux autorités de s’assurer que les subventions sont utilisées correctement et que les installations se conforment aux normes environnementales.
De même, dans certains pays (comme l’Allemagne), il est obligatoire de fournir un reporting sur la traçabilité de l’énergie vendue sur le réseau. Le but : attester que l’énergie vendue comme « renouvelable » provient effectivement de sources vertes. Une non-conformité dans la déclaration peut entraîner des pénalités financières ou la perte de mécanismes d’incitation. Un producteur d’énergie solaire ou éolienne doit donc s’organiser pour assurer un suivi rigoureux de sa production, de ses certifications et déclarations. Il en va de même pour la dimension comptable, afin de prouver l’éligibilité aux crédits d’impôt ou aux régimes d’exonération.
Dans certains pays, les producteurs d’énergies renouvelables font l’objet d’une attention particulière de la part de l’administration fiscale. Les raisons sont multiples :
D’une part, les subventions publiques peuvent susciter des abus ou de fausses déclarations. D’autre part, beaucoup de gouvernements cherchent à s’assurer que les aides ne sont pas détournées par des montages d’optimisation complexe. Mieux vaut donc conserver précieusement tous les justificatifs de dépenses, les contrats d’achat ou de vente d’électricité, et respecter les délais de déclaration. Par ailleurs, lorsqu’on recourt à des filiales à l’étranger ou à des sociétés holding, il faut veiller à la documentation sur les prix de transfert (transfer pricing) pour éviter qu’une administration fiscale considère que la filiale de production d’énergie est sous-capitalisée ou que les flux de revenus sont artificiellement déplacés dans un pays à fiscalité réduite.
Au sein de l’Union européenne, on observe depuis plusieurs années un renforcement de la coopération fiscale. Les administrations nationales peuvent échanger des informations, notamment sur les flux transfrontaliers d’énergie ou sur les subventions reçues. Le producteur d’énergies renouvelables doit donc coopérer de manière transparente et solide. C’est aussi pour cette raison que, sur « Kbis Global », je mets en avant l’importance d’avoir un Kbis international (ou toute pièce équivalente) en bonne et due forme, à jour, afin de prouver la légitimité de l’activité.
Nous vivons dans une époque où la politique peut changer rapidement, particulièrement dans le domaine de la transition énergétique. Plusieurs facteurs influent sur la fiscalité relative aux énergies renouvelables :
Pour anticiper ces évolutions, je vous conseille de suivre l’actualité législative et de vous abonner à des revues spécialisées dans le domaine de l’énergie et de la fiscalité. Les experts-comptables et fiscalistes sont également d’excellents indicateurs, car ils ont accès à des commentaires et notes anticipées sur les projets de loi. Sur « Kbis Global », je diffuse régulièrement des veilles juridiques dès qu’une nouvelle disposition en matière de fiscalité internationale apparaît, qu’il s’agisse d’une réduction de taux en Europe ou d’un dispositif expérimental dans un pays d’Afrique ou d’Amérique latine.
Si vous êtes à la tête d’une multinationale ou d’une PME souhaitant sortir de ses frontières, il est crucial de toujours étudier la compatibilité fiscale entre différents marchés. Par exemple, si vous implantez des panneaux solaires en Espagne, vous profiterez de certaines aides, mais si vous revendez l’électricité à un client situé en France, il peut exister des obligations déclaratives spécifiques, et vous devrez vérifier la convention fiscale entre la France et l’Espagne pour ne pas payer deux fois l’impôt.
De plus, certaines juridictions interdisent totalement ou en partie l’accès à des investisseurs étrangers dans leur secteur énergétique, ou imposent une participation minimale de partenaires locaux. Il faut donc vérifier les restrictions à l’investissement et les droits de douane éventuels sur l’équipement (turbines éoliennes, panneaux solaires, etc.). L’étude fiscale doit donc être couplée à une étude réglementaire et douanière. Étant spécialisé dans les démarches Kbis internationales, je peux vous dire que chaque pays a son propre inventaire de règles et qu’il arrive souvent de se heurter à des freins administratifs quand on n’a pas pris le temps d’analyser la situation en amont.
On me demande souvent si, à l’avenir, la fiscalité liée aux énergies renouvelables va converger entre les différents États. À ce jour, il existe des tentatives d’harmonisation, notamment au sein de l’UE, pour encourager la production verte et réduire l’empreinte carbone du continent. Cependant, chaque État conserve un pouvoir souverain important sur la définition de ses taux d’imposition et la distribution de ses subventions. Ainsi, les différences de fiscalité resteront de mise, créant des opportunités ou des risques selon la manière dont on s’y prend.
Sur le plan global, l’OCDE cherche à lutter contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices. Les énergies renouvelables ne sont pas visées spécifiquement, mais les multinationales du secteur restent concernées par les principes du « Pilier 2 » qui vise un impôt minimum effectif mondial d’au moins 15 %. Si vous pensez structurer votre entreprise dans un pays à faible imposition, il faudra vérifier la compatibilité avec ces nouvelles normes.
Dès lors que vous envisagez un projet d’énergies renouvelables à l’international, la question de la fiscalité est trop importante pour être négligée. Les taux d’imposition, les régimes d’exonération, la TVA, les taxes locales et les subventions ont un impact majeur sur la rentabilité de votre investissement. Sur « Kbis Global », je vous propose régulièrement des articles de fond et des mises à jour pour vous aider à comprendre et anticiper la fiscalité dans différents pays. Mon but est de rendre ces sujets accesibles, afin que vous puissiez mener des affaires internationales en toute confiance et en toute transparence.
Grâce à mon expérience et mes échanges avec des entrepreneurs du monde entier, je peux témoigner que l’information est la clé du succès dans le commerce international. Beaucoup de projets échouent, non pas parce qu’ils manquent de soleil ou de vent, mais parce qu’ils ne sont pas adaptés au cadre légal et fiscal local. Je vous encourage donc à rester vigilant, à prendre conseil et à consulter régulièrement les informations actualisées selon le pays où vous comptez investir.
J’espère que cet article vous aura éclairé sur les spécificités et la diversité de la fiscalité applicable aux énergies renouvelables. De la simple TVA jusqu’aux mécanismes complexes d’exonération, toutes ces règles méritent d’être comprises et explorées en détail avant de vous lancer. Gardez en tête que la production d’énergie verte reste un secteur porteur, soutenu par des politiques publiques ambitieuses dans de nombreux pays, et que bien maîtriser la dimension fiscale peut vous apporter un avantage concurrentiel décisif.