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Russie et Euroland : deux acteurs-clés, au cœur de la scène globale 2011-2014

Article publié dans le GEAB, le 15-10-2010

Octobre 2010 (GEAB N°48)

La crise systémique globale conditionne de plus en plus les relations entre les grands acteurs mondiaux, relativisant les aspects bilatéraux de leurs interactions en les plaçant dans le contexte plus général de la recherche de nouveaux équilibres globaux. Ainsi, pour les dirigeants des grandes puissances, chaque jour, la question centrale devient moins le positionnement par rapport aux Etats-Unis (thématique dominante des dernières décennies) que la capacité à défendre ses propres intérêts et à façonner le monde d’après la crise. Dans ce jeu de transition historique, selon LEAP/E2020[1], entre 2011 et 2014, deux acteurs bien spécifiques s’apprêtent à jouer des rôles cruciaux au cœur de cette transition qu’il faut absolument réussir si l’on ne veut pas ouvrir la porte à une décennie de conflits mondiaux[2] : il s’agit de la Russie et de l’Euroland[3]. La Russie est en fait le premier acteur global à avoir effectué sa transformation de puissance du monde créé après 1945 qu’elle était en puissance du monde d’après la crise systémique globale que nous vivons actuellement[4] ; quant à l’Euroland, c’est un acteur effectif, directement enraciné dans la volonté de sortir de l’ordre mondial créé après 1945[5], qui est en train de s’affirmer sous nos yeux sur la base de son identité monétaire et qui, de facto, oriente de plus en plus les décisions de l’ensemble de l’UE[6]. Tous les deux, Russie et Euroland, font donc partie de ce qu’on pourrait appeler les premiers acteurs mondiaux « renouvelés » par la crise.

Et sous la pression croissante de la crise globale, ces deux acteurs sont en train de découvrir qu’ils partagent une capacité à formuler un agenda international commun, à savoir l’identification des problèmes et défis essentiels, et la volonté de se mobiliser pour y faire face. Au-delà de l’agenda, même dans la méthode, Russie et Euroland se découvrent adeptes du même mode opérationnel, à savoir l’activation de réseaux pouvant rassembler efficacement des acteurs aux vues similaires en évitant de créer de relations hiérarchiques. Ce mode opérationnel paraît à LEAP/E2020 particulièrement adapté à un monde en transition où les rapports de puissance deviennent très fluides[7].

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Evolution de la composition des réserves de change de la Russie (2008 et 2009) (en bleu : € ; en vert : $) – Source : Econompic, 2009

Russie-Euroland : Deux acteurs « renouvelés » à la découverte l’un de l’autre

Bien entendu, ces deux acteurs « renouvelés » font d’abord face à un défi bilatéral majeur : se reconnaître mutuellement pour ce qu’ils sont. Du côté européen, il s’agit de comprendre que la Russie n’est pas l’URSS et que les dirigeants russes actuels, tout en étant de leur siècle, le XXIème, doivent être appréhendés comme leurs prédécesseurs d’avant 1917, à savoir des partenaires structurants de l’équilibre continental eurasiatique, avec une capacité d’action globale, mais sans vision idéologique des objectifs et méthodes (contrairement à l’URSS). Du côté russe, il est nécessaire de « décrypter » l’évolution complexe de la partie européenne en reconnaissant qu’entre l’Union européenne souvent lente et décevante dans sa recherche d’un partenariat stratégique et la tentation bilatérale traditionnelle avec la France, l’Allemagne et l’Italie[8], il existe désormais un autre niveau stratégique d’intervention, à savoir l’Euroland, ce « pays encore en gestation » mais déjà bien concret puisque Moscou, Pékin et le reste du monde en possèdent la devise par milliards dans leurs réserves de change[9].

Cette reconnaissance mutuelle est donc une réelle urgence qui exige la multiplication des articles, rapports et rencontres sur ce thème. Le plus difficile dans une période de transition, c’est de s’extraire du monde qui disparaît et de ses conceptions déjà moribondes. C’est ce défi que doivent relever d’urgence Russes et Eurolandais dans les deux années à venir s’ils veulent être en mesure de peser sur les décisions mondiales d’ici le milieu de la décennie.

En la matière, la suppression des visas entre UE et Russie devient une exigence pour faciliter la mobilité humaine et intellectuelle entre les deux acteurs et accroître l’aptitude à forger des initiatives communes (en matière scientifique, technique, industrielle, commerciale[10] et culturelle).

 

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Balance commerciale de l’Euroland avec la Russie (2003-2008) – Source : Eurostat 2009

Russie-Euroland : deux partenaires déjà stratégiques

Mais déjà, dans une sorte de tâtonnement historique, les deux acteurs ont commencé leur partenariat stratégique. Ainsi lors de la « crise de l’Euro » du Printemps 2010 mise en musique notamment par la City de Londres[11], Moscou est venu au secours de la monnaie unique européenne (comme Pékin d’ailleurs)[12] en rappelant la confiance de la Russie dans l’Euroland et en ne cessant pas sa diversification hors du Dollar US au profit de l’Euro. Parallèlement France, Allemagne, Italie (les poids-lourds de l’Euro) ont contribué directement à la reprise rapide des relations normales entre Européens et Russes après la crise géorgienne, tout en s’affirmant opposés aux objectifs de futures extensions orientales de l’OTAN. A ce sujet, si Washington semble surpris de découvrir que la question de la sécurité européenne semble dorénavant concerner plus Moscou que Washington pour un nombre croissant d’Européens, une simple relecture de livres scolaires d’histoire permettrait de découvrir que le rôle disproportionné de Washington en la matière est une parenthèse historique en train de se refermer, comme beaucoup d’autres parenthèses d’ailleurs, à l’occasion de cette crise mondiale d’ampleur historique[13].

Avec l’OTAN en pleine déconfiture, sur fond de déroute afghane dès 2011, et s’apprêtant à subir de plein fouet une première vague de coupes budgétaires majeures venues des pays européens de l’Alliance (Royaume-Uni en-tête[14]), avant d’être frappée par l’inévitable réduction brutale des dépenses militaires US à partir de 2011/2012, la question de la défense européenne va devenir de plus en plus analogue à celle de la sécurité du continent européen et, de ce fait, passer par une coopération étroite en Russes et Européens pouvant donner naissance d’ici 2014 à un traité sur la sécurité européenne. La coopération Euro-Russe dans la lutte contre la piraterie fournit déjà un bon modèle pour ce que pourrait être un tel partenariat en matière de lutte contre le terrorisme.

Mais au-delà de l’agenda « traditionnel » Euro-Russe (voisinage[15], défense, énergie, coopération scientifique/technique, investissements), la crise systémique globale impose de plus en plus aux deux acteurs mondiaux que sont la Russie et l’Euroland la définition commune d’un agenda et d’un calendrier pour faciliter une transformation pacifique de la gouvernance mondiale. Pour ces deux puissances « renouvelées », il y a va de leurs intérêts stratégiques propres à court et moyen terme comme de leurs aptitudes respectives à influer sur l’évolution du monde à long terme.

Russie-Euroland face aux grands défis de la future gouvernance globale dans « le monde d’après »

Les deux ensembles partagent l’aspiration à organiser un monde multipolaire équilibré et, de ce fait, ne veulent pas d’une hégémonie chinoise à venir en lieu et place de l’hégémonie américaine en dislocation. Ils souhaitent une réorganisation du système monétaire mondial afin d’éviter les guerres monétaires comme l’instabilité structurelle du système actuel des changes flottants. Ils sont en faveur d’un réaménagement profond de la gouvernance des grandes institutions internationales (Conseil de Sécurité de l’ONU, FMI, Banque Mondiale, …). L’Euroland est par nature adepte des relations internationales fonctionnant en réseau, sans hiérarchisation de puissances ; la Russie est devenue depuis peu une adepte de la même logique opérationnelle comme le montre son activisme pour la structuration des BRIC.

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Pourquoi ils comptent ! Proportion des BRIC dans le PNB mondial, les réserves de change, les exportations, les investissements directs et les émissions de CO2 (en pourcentage du total mondial / en vert : 1995, en bleu : 2009 / en foncé : la part chinoise) – Source : The Economist, 04/2010

En effet, contrairement au discours dominant tenu dans les médias européens ou américains, les BRIC sont plus qu’un concept vague formulé par un banquier de Wall Street. Ainsi depuis 2006 (année de la première rencontre ministérielle BRIC) à l’initiative de Vladimir Poutine, la Russie a engagé une action très volontariste afin de rendre opérationnelles les relations entre ces quatre puissances que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. Cela a permis de créer des mécanismes de concertation entre les quatre pays sur la plupart des grands sujets mondiaux incluant des rencontres régulières des ministres des Affaires étrangères et des ministres des Finances[16], des consultations mensuelles des ambassadeurs auprès des Nations Unis, une coordination des positions au G20 et des sommets au niveau des chefs d’état (Ekaterinebourg en Juin 2009[17], Sao Paulo en Avril 2010). Pour Moscou, le réseau BRIC est ainsi devenu officiellement la deuxième priorité de politique extérieure après le partenariat avec l’UE comme l’a rappelé récemment Dimitri Medvedev. En mettant en œuvre simultanément cette diplomatie pro-BRIC et pro-Euro, la Russie s’affiche comme l’un des grands champions d’un monde post-crise qui ne soit pas composé de blocs en conflits divers les uns avec les autres.

Et c’est là aussi un aspect qui rejoint les objectifs fondamentaux de l’Euroland (comme de l’UE) : éviter un monde de blocs en conflit qui conduirait tout droit au pire scénario de l’après-crise. Parallèlement, chaque trimestre qui passe oblige les dirigeants de l’Euroland à constater que Chine, Inde, Russie et Brésil constituent des partenaires incontournables de presque toutes les grandes questions globales tandis que du Proche-Orient à l’Afghanistan en passant par le Dollar, Washington apparaît comme incapable de résoudre les problèmes qui s’accumulent sur sa table.

Bien entendu, la Russie et l’Euroland ont dans ce contexte de convergence générale plusieurs sujets précis où des divergences existent, que la poursuite de la crise pourrait bien atténuer considérablement :

Le cas chinois : menace et partenaire à la fois

Les relations avec la Chine obéissent ici à deux logiques très différentes puisque Moscou, tout en ne souhaitant pas une future hégémonie chinoise, souhaite développer au maximum sa coopération avec son grand voisin asiatique. La solidarité russo-chinoise est ainsi exemplaire en matière monétaire : les deux pays appellent à refonder l’ordre monétaire mondial et récusent toute responsabilité centrale du Yuan dans le désordre monétaire contemporain en rappelant que c’est le Dollar au cœur du système actuel qui crée l’instabilité. Or pour l’instant, l’UE reste solidaire de l’ordre ancien fondé sur le Dollar et tend à suivre Washington sur ce dossier. Pourtant, de Paris à Berlin (et à Francfort, à la BCE), depuis la crise du Printemps 2010[18], on commence à voir poindre une opinion différente qui souhaite désormais poser la question du système monétaire international dans son ensemble. Les deux prochaines années, du fait de l’inévitable affaiblissement de la devise américaine sur fond de monétarisation de la dette US, sous couvert de relances successives inefficaces par la Fed, vont sans aucun doute radicaliser la position de l’Euroland sur ce sujet, permettant à la Russie et à l’Euroland de tenir un discours similaire.

Cette convergence de fond sur la question monétaire devrait permettre aux deux entités d’ouvrir un débat très franc avec la Chine tant sur la question commerciale qui intéresse surtout les Européens (incluant donc la question des taux de change et leur opposition croissante à un « dumping monétaire » chinois) que sur la question de sécurité (qui est une préoccupation russe majeure). La Russie coopère ainsi efficacement avec la Chine depuis 2001 dans le cadre de l’Organisation de Coopération de Shanghai qui vise tout simplement à empêcher toute future incursion de l’OTAN (ou des Etats-Unis seuls) en Asie centrale[19]. Mais parallèlement, Moscou est très préoccupée de la montée en puissance de la Chine avec qui elle partage 4.300 km de frontières et ne peut oublier que les seules invasions du territoire russe qui aient réussi venaient toujours de l’Est ! La Russie est donc de facto très ouverte à toute coopération européenne qui lui permettrait d’accroître l’encadrement international de la puissance chinoise émergente et également de moderniser/renforcer sa capacité à valoriser/défendre les richesses et le potentiel économique de la Sibérie. En la matière, on trouve une convergence prometteuse des impératifs de sécurité et des intérêts économiques et financiers d’un partenariat stratégique Russie-Euroland.

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Organisation de Coopération de Shanghai (2010) (en bleu : états membres; en mauve : états observateurs ; en vert : états partenaires) -

L’entrée de la Russie à l’OMC : mais l’OMC a-t-elle un avenir?

L’entrée de la Russie à l’OMC constitue un autre sujet de divergence puisque la candidature de Moscou est toujours en suspens, notamment à cause des prix de l’énergie[20] et surtout du volet agricole pour lequel les pays du Groupe de Cairn souhaitent une aide de l’état russe trois fois plus faible que celle proposée par Moscou (9 milliards USD/an jusqu’en 2012). Une action volontariste de l’Euroland pourrait aider à débloquer la situation. Cependant, la crise donne un éclairage nouveau à la question de l’entrée dans l’OMC. Si, d’ici la fin 2011, le système monétaire international continue à se disloquer, ouvrant une période de guerres des devises et donc de « dumping monétaire » au sujet duquel l’OMC est impuissante, la grande question deviendra pour de nombreux pays exportateurs : faut-il rester dans le cadre de l’OMC ? Une telle situation pourrait entraîner la mise en place d’une nouvelle organisation du commerce international ou au moins une profonde refonte de l’OMC rendant caduque, voire inutile, la candidature actuelle de la Russie.

La question des « voisinages » : Ukraine, Caucase et Balkans

Enfin, « voisinage commun » et « accession des Balkans à l’UE » constituent les deux faces d’un autre sujet de divergence. Moscou voit le Caucase comme d’abord une question russe, tandis que Bruxelles considère les Balkans comme un sujet européen. Pourtant, dans les deux cas, les deux puissances savent très bien que l’autre a également son mot à dire sur les évolutions en cours et à venir. Du fait de la crise, l’affaiblissement prévisible de la présence du troisième acteur, à savoir Washington, dans chacune des deux régions, devrait aider Russes et Européens à avancer puisqu’ils auront, eux, un réel intérêt à voir les problèmes résolus, et non pas entretenus. D’ailleurs la question de l’Ukraine se transforme déjà naturellement d’un sujet de discorde (élargissement de l’OTAN et de l’UE) en une problématique commune (comment faire évoluer pacifiquement l’Ukraine ?) puisque les deux élargissements n’auront pas lieu mais que les difficultés internes du pays restent bien réelles.

Un « Partenariat pour la modernisation de la Russie » en échange d’un « Partenariat pour l’émancipation de l’Euroland »

Pour conclure, si le nouveau label – post-crise géorgienne – du partenariat UE-Russie est devenu le « Partenariat pour la modernisation de la Russie », il apparaît certain que la Russie a déjà entamé (notamment lors de la crise de l’Euro) ce que LEAP/E2020 appelle un « Partenariat pour l’émancipation de l’Euroland ». De la même manière que la partie russe est très susceptible en matière de conseils pour adapter sa gouvernance intérieure au XXIème siècle, la partie européenne est très délicate en ce qui concerne les conseils pour adapter ses relations extérieures au monde d’après la crise. Cependant, Russie comme Euroland constituent bien deux des principaux acteurs globaux en mesure d’aider à une transition pacifique de la gouvernance mondiale. Tous les deux attachent également un grand prix à la dimension culturelle du développement de leurs sociétés, partageant ainsi une autre valeur commune, préalable à la définition et à la mise en œuvre d’un agenda commun sur les grandes questions de la décennie à venir. Or, construire un partenariat stratégique, ce n’est pas lister les problèmes communs du moment et se dire que ce serait mieux de les résoudre ensemble, c’est avant tout identifier quelques grands défis du futur et savoir qu’on ne pourra les maîtriser qu’ensemble. C’est ce glissement progressif de perception qui est en cours, du fait de la crise systémique globale, pour le plus grand bénéfice du partenariat Russie-Euroland. L’une des principales étapes sur le chemin de ce partenariat stratégique sera sans aucun doute l’organisation d’un premier sommet BRIC-Europe[21] afin que ces deux grands réseaux, ces deux groupes au cœur de la future architecture mondiale, discutent ouvertement et sincèrement des défis et problèmes qui les préoccupent.


[1] Et en intégrant notamment les tous récents travaux du 4° séminaire GlobalEurope UE-Russie qui s’est tenu à Nice fin Septembre 2010.

[2] Dont les scénarios et les risques pour la décennie 2010-2020 sont anticipés dans le livre « Crise mondiale – En route pour le monde d’après : France, Europe et monde dans la décennie 2010-2020 »  publié par Franck Biancheri aux éditions Anticipolis. Voir le sommaire ici.

[3] Entité émergente, regroupant les pays partageant l’Euro, prenant une importance croissante au sein de l’UE depuis le début de la crise systémique globale et qui rassemble en particulier tous les pays fondateurs du projet communautaire européen.

[4] Et cela lui permet donc d’être la première « à la manœuvre », comme on le constate avec les BRIC, pour essayer de peser sur l’organisation du monde d’après la crise.

[5] L’Euroland permet aux pays fondateurs du projet communautaire européen de reprendre l’initiative des actions européennes après deux décennies d’enlisement sous contrôle américano-britannique, et de renouer avec l’idée originale du projet communautaire qui était de libérer les Européens de la tutelle de deux puissances étrangères qu’étaient les Etats-Unis et l’URSS. Loin d’être une alternative à l’UE, l’Euroland est en fait la matrice d’une UE capable d’agir de manière volontariste au niveau international, « monnaie oblige ».

[6] Voir GEAB N°45 à propos du « coup d’état de l’Eurozone » de Mai 2010. Nous rappelons par ailleurs que la plupart des pays de l’UE ont vocation à intégrer l’Euroland.

[7] Par opposition aux organisations hiérarchisées dont l’efficacité s’émousse aussi vite que décroît la puissance et/ou la légitimité du pays dominant. Il suffit de regarder l’OTAN ou le FMI pour le constater.

[8] Qui sont affirmés par Moscou comme ses partenaires européens prioritaires, mais qui ne peuvent jouer de rôle stratégique moteur au niveau global.

[9] En clair, le partenaire européen de la Russie n’a plus rien à voir dans sa nature, sa structure et ses préoccupations avec celui des années 2005/2006 par exemple, au moment des premiers séminaires GlobalEurope UE-Russie.

[10] Comme le montre le tableau ci-dessous, en 2008, la Russie représentait le deuxième partenaire en montant de déficit commercial pour l’Euroland (certes moins de la moitié du déficit avec la Chine, mais le double de celui avec le Japon). Et l’Euroland représente en moyenne les deux-tiers des échanges de l’UE avec la Russie.

[11] Voir à ce sujet les GEAB de la première moitié de 2010.

[12] Nous rappelons que les attaques contre l’Euro sont venues essentiellement du Royaume-Uni et des Etats-Unis dont les  médias et les « experts » se sont déchaînés pour tenter quotidiennement de transformer le problème des finances publiques grecques en une « crise de l’Euro », voire en une fin de « l’Euroland ». Si l’on croit au vieil adage qui dit que c’est dans les moments de crise qu’on reconnaît ses vrais amis, il est évident que ce n’est ni à Londres ni à New York que se trouvaient les amis de l’Euroland au Printemps 2010.

[13] Voir à ce sujet en particulier le livre « Crise mondiale : en route pour le monde d’après ».

[14] Le simple fait de planifier l’entretien des ogives nucléaires britanniques Trident par la France en dit long sur la situation militaire du pays. Source : Le Monde, 08/10/2010

[15] Les élargissements de l’UE à l’Est sont désormais des projets moribonds : Ukraine ou Turquie n’ont plus aucune dynamique politique interne ou externe pour les soutenir. Quant à ceux de l’OTAN, ils sont bloqués par les pays-clés de l’Euroland, comme la France et l’Allemagne.

[16] Ce réseau BRIC promeut par exemple la progression constante des échanges en monnaies nationales entre les quatre pays (au détriment du Dollar US).

[17] Et dont GEAB avait signalé l’importance à l’époque alors qu’il était ignoré par la plupart des médias occidentaux.

[18] Quand Pékin a activement soutenu l’Euroland.

[19] Ainsi que LEAP/E2020 l’avait déjà mentionné il y a plus de deux ans.

[20] C’est la question de l’alignement des prix intérieurs sur les prix extérieurs.

[21] Cette appellation « Europe » est volontairement vague car notre équipe ne sait pas à ce stade si, d’ici 2014/2015, la composante européenne sera représentée par le couple franco-allemand, l’Euroland ou l’UE. Ce qui en revanche nous semble évident, c’est que pour parler franchement à tous les partenaires et en particulier aux Chinois, les Européens ont tout intérêt à agir seuls, sans les Américains, qui ont perdu toute crédibilité aux yeux de Pékin. On ne négocie pas efficacement en compagnie de quelqu’un dont le destin est entre les mains de la partie adverse : ce qui est désormais le cas de Washington face à Pékin.