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Apprendre à travailler de manière indépendante et constructive avec les nouveaux acteurs clés du monde d’après la crise : Chine, Inde, Brésil et Russie notamment

Octobre 2009 (GEAB N°38)

Avec le tiers des voix au FMI, les Européens détiennent la clé de sa réorganisation pour faire de la place aux BRIC. Comme ils ont clairement montré qu’ils refusaient que Washington négocie en leur nom, sans aucun mandat pour ce faire, ils n’ont plus qu’un seul choix : négocier directement avec Pékin, Moscou, New Delhi et Brasilia, car la pression des évènements liés à la crise fait que « ne pas bouger » n’est plus une option.

Le choix des pistes possibles n’est pas très large. En fait, pour éviter un blocage, la seule solution durable consiste faire tomber le droit de véto des Etats-Unis[1] (et leur poids de vote à moins de 10%) tout en réduisant à 25% la proportion du droit de vote des Européens. En s’appuyant sur un calcul du poids relatif des économies mondiales sur la moyenne des dix dernières années, et en y intégrant un mécanisme d’évaluation décennale, l’arithmétique devrait utilement appuyer cette évolution. En 2010, quelques considérations appuyées sur le financement du déficit américain permettront de trouver le nécessaire compromis.

Là encore, le rôle des Européens va s’avérer crucial. Non pas parce qu’ils vont affirmer pro-activement une vision des choses, mais parce qu’ils vont réagir aux pressions (des Etats-Unis d’un côté, des BRIC de l’autre).

Le nouveau Japon devrait s’avérer être un allié de poids pour l’UE dans ces négociations car Tokyo souhaite désormais se rapprocher de Pékin et du reste de l’Asie.

Enfin, comme indiqué précédemment, l’accélération de l’Histoire que nous vivons actuellement du fait de la crise systémique, laisse envisager une rencontre UE[2]-BRIC courant 2010 afin de mettre sur la place publique les nouveaux équilibres mondiaux. Même s’ils n’ont pas eu gain de cause lors du récent sommet du G20 à Pittsburgh, l’unanimité des Européens contre les positions de Washington a été une relative surprise. On peut hélas compter sur la crise, la chute du Dollar et les millions de chômeurs supplémentaires pour « dynamiser » la volonté des Européens en la matière.

Le plus étonnant est que visiblement Chinois, Russes, Indiens et Brésiliens n’attendent que cette opportunité pour travailler ensemble à l’émergence du monde d’après la crise.


[1] Actuellement les Etats-Unis bénéficient d’une minorité de blocage au sein du FMI puisqu’il suffit de 15% des voix pour s’opposer à une décision.

[2] Même si seuls quelques dirigeants européens y participent : un échantillon des 27 suffit à les représenter tous. C’est une des étranges caractéristiques de l’Union européenne.